Pauline JACQUELIN
Travail, démarche et recherche : Quelques explications.
Travail, démarche et recherche : Quelques explications.
Au centre de cette pratique de l'image, une double attitude :
Être à la fois une imagination libre, observant la réalité, et un observateur ré-imaginant toutes les facettes de cette réalité en produisant ses propres images.
Être à la fois une imagination libre, observant la réalité, et un observateur ré-imaginant toutes les facettes de cette réalité en produisant ses propres images.
Ce travail explore les circulations possibles entre différentes espèces d’images en créant des
liaisons par le motif plutôt que par le choix d'une technique.
Dessins,
peintures, vidéos et 'arrêts sur image' sont présentés selon leur catégorie
technique et selon leur date de création. Cependant on peut accéder à leur présentation par série en consultant l'inventaire (colonne de droite). Vous y trouverez
des images unies par quelque chose même si ce lien est minime, des images reliées
en toute liberté vis-à-vis de leur statut technique :
Ce lien relève parfois d'une intention, d'une intuition ou encore d'un motif.
La lecture des titres listés dans cet inventaire indique les sujets que j'aborde au travers de cette pratique.
Liaisons, articulations, planches de travail.
Ce lien relève parfois d'une intention, d'une intuition ou encore d'un motif.
La lecture des titres listés dans cet inventaire indique les sujets que j'aborde au travers de cette pratique.
Liaisons, articulations, planches de travail.
Les pages à parcourir ici suivent donc un principe d'association.
Même si le rapprochement entre les travaux y est parfois aléatoire, les configurations que vous pouvez « lire » sur ce blog correspondent à une manière de faire, consciente et calculée : il s'agit de proposer des liaisons entre les choses au lieu de valoriser leur indépendance. Je choisis ce procédé parce qu’il permet un jeu de décalages, de glissements, qui contient selon moi tout l'intérêt d'un travail de l'image.
Les [planches] en offrent un exemple.
Même si le rapprochement entre les travaux y est parfois aléatoire, les configurations que vous pouvez « lire » sur ce blog correspondent à une manière de faire, consciente et calculée : il s'agit de proposer des liaisons entre les choses au lieu de valoriser leur indépendance. Je choisis ce procédé parce qu’il permet un jeu de décalages, de glissements, qui contient selon moi tout l'intérêt d'un travail de l'image.
Les [planches] en offrent un exemple.
Par la manipulation d’images, j'entrecroise mes propres peintures, dessins, vidéos avec des images venant d'ailleurs et rattachées à des domaines hétéroclites (illustrations
scientifiques, photographie amateur, peinture primitive, œuvres contemporaines,
cinéma).
Ou avec des pensées qui ne sont pas les miennes.
Ou avec des pensées qui ne sont pas les miennes.
Montage mixte, lecture du spectateur.
Ma recherche prend la forme d’un montage général entre des images de différentes sortes qui
s'organisent
autour de motifs communs. Ce principe de travail rejoint les mécanismes basiques du montage cinématographique dans son jeu de rappels, de connexions entre les séquences, même si l'exercice n'est pas soumis au défilement d'un film.
Comme une dynamique de croisements entre ces images fixes ou mobiles, où les séquences seraient des séries qui font apparaître le motif en jeu dans chaque cas.
Je souhaite que ces mécanismes se déclenchent aussi dans la lecture du spectateur :
Qu'il hésite entre plusieurs lectures et profite de l'ambivalence de ces forme, qu'il puisse percevoir la fertilité potentielle du voisinage que j'instaure entre les choses. Mis en co-présence, ces « objets visuels » sont tour à tour point de départ et point d’arrivée, chaque image étant une ressource que vient réveiller celle d'à côté.
Comme une dynamique de croisements entre ces images fixes ou mobiles, où les séquences seraient des séries qui font apparaître le motif en jeu dans chaque cas.
Je souhaite que ces mécanismes se déclenchent aussi dans la lecture du spectateur :
Qu'il hésite entre plusieurs lectures et profite de l'ambivalence de ces forme, qu'il puisse percevoir la fertilité potentielle du voisinage que j'instaure entre les choses. Mis en co-présence, ces « objets visuels » sont tour à tour point de départ et point d’arrivée, chaque image étant une ressource que vient réveiller celle d'à côté.
De l'observation.
Même
si l’acte d’enregistrer, en pratique, varie avec l’outil qu'on emploie, selon moi le
problème reste le même : celui d’observer, de se poster en
observatrice d’un flux continu fait de réel et d’images, à partir duquel je
peux donner formes à mes propres visions.
Je fabrique
des relevés : des images-coïncidences situées entre les parcelles de réalité
et mon activité « imaginaire » (qui génère des images). Je prends
note et m’intéresse au niveau élémentaire de ce qu’on peut chercher à figurer, ce qu'on peut élaborer pour redonner les aspects les plus simples de la réalité. Il faut que mes
observations soient des saisies de cette réalité.
Motifs.
Très
simplement, j'envisage l'image comme un matériau capable de réveiller une
tension entre ce qui existe déjà, et ce qu'on invente.
Chaque série de travaux tourne autour d'un motif. Le motif se définit par une
sorte d’adéquation entre une image désirée, imaginée, et l’apparition de cette
image dans la réalité, prête à être enregistrée (définition inspirée par R. Musil). Pour moi, ce mot désigne le pivot entre mes intuitions d’images préalables, et tous les
contextes, mouvements, objets, corps environnants qui m’apparaissent
tout à coup comme des images potentielles, face à ces intentions.
Le motif est porteur de sens mais aussi de sensations : c'est à la fois un dessin qu’on peut reconnaître, et le mobile profond qui pousse à donner forme à ses intuitions, répondant à cette question ambiguë : qu'est ce qui motive le rapprochement entre telle et telle image ?
Le motif est porteur de sens mais aussi de sensations : c'est à la fois un dessin qu’on peut reconnaître, et le mobile profond qui pousse à donner forme à ses intuitions, répondant à cette question ambiguë : qu'est ce qui motive le rapprochement entre telle et telle image ?
En théorie.
Ces
deux dernières années, j'ai mené un travail de recherche en théorie du
cinéma (Paris III) portant sur la rencontre possible entre le film Les Hommes, le dimanche (de R. Siodmak et E. G. Ulmer, 1930) et l'œuvre de l'écrivain et essayiste Robert Musil.
Il
s'agit d'un film hybride, à mi-chemin entre documentaire social et
fiction réaliste, et d'un penseur à la fois ingénieur et poète qui a
laissé un commentaire cynique de son temps. Hormis leur voisinage
socio-culturel et historique, ces deux objets d'étude soulèvent selon
moi des questions qui font écho à ma pratique artistique. Je parle ici
de mon attitude derrière une caméra et également de ma façon d'envisager
le rapport esthétique aux choses, en général.
J'ai
proposé de revoir une séquence-clé, qui comporte les
principaux enjeux du film, à l'aide des conceptions musiliennes, notamment celles de "motif", de "potentiel" et de "pensée vivante". J'ai
aussi puisé des idées dans les courts textes de l'auteur réunis sous le
titre des Œuvres pré-posthumes (1936), une constellation de
petites proses en étroit rapport avec la fragilité des images, dont
chacun peut se faire le témoin attentif en observant de simples faits.
On y trouve la trace d'une imagination observant la réalité, ou encore,
d'un observateur imaginant (produisant une image) de cette réalité.
Cette
étude rejoint mon intérêt pour l'apparition de "dessins" en germe dans
la réalité la plus concrète. Le film, à sa manière, présente une forte
ambiguïté de nature et laisse percer certaines questions, comme celle de
la limite entre nos observations aléatoires et directes du réel, et
notre envie de dessiner celui-ci pour se l'approprier, par tous les moyens.